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 Se libérer du connu - Krishnamurti

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Corinne
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Activité: Praticienne & Enseignante en Reiki Japonais, fondatrice de l'Ecole Usui Reiki Do.

MessageSujet: Se libérer du connu - Krishnamurti   Jeu 17 Mai 2007 - 17:05



Krishnamurti

Se libérer du connu


Voici le traité de la seule révolution qui vaille la libération intérieure. Lhomme en cage, prisonnier des dogmatismes et des conformismes de pensée, est une ombre illusoire.

De l’exigence spirituelle présente de façon plus ou moins confuse dans chaque être humain, jusqu’à cette authentique libération, nous sommes conviés ici à parcourir toutes les étapes : se connaître soi-même, surmonter la peur, découvrir peu à peu le silence et la plénitude.
Réalisé à partir des conférences du grand philosophe indien, ce livre constitue une initiation accessible et brève à une philosophie dont la renommée et l’influence, au fil des générations, n’ont fait que grandir.

Krishnamurti, un être inspirant ! Un petit clin d'oeil à Véronnique !
Ce qui suit est extrait des premières pages du livre. Vous pouvez bien sûr apporter vos commentaires ou remarques à ce texte si le contenu vous inspire.

Bises,
Corinne

La recherche humaine. Les esprits torturés. L’orientation traditionnelle. Le piège des bien-pensants. L’être humain et l’individu. Le conflit de l’existence. La nature fondamentale de l’homme. La responsabilité. La vérité. Se transformer soi-même. Comment on dissipe l’énergie. Se libérer de l’autorité.

Au cours des âges, l’homme a toujours cherché un quelque-chose, au-delà de lui-même, au-delà du bien- être, un quelque-chose que l’on appelle Dieu, ou la réalité, ou l’intemporel, que les contingences, la pensée, la corruption humaine ne peuvent altérer.

L’homme s’est toujours posé, au sujet de l’existence, la question fondamentale : « De quoi s’agit-il ? La vie a-t-elle un sens ? » Plongé dans l’énorme confusion des guerres, des révoltes, des brutalités, des incessants conflits religieux, idéologiques, nationaux, il se demande, avec un sens intime de frustration, comment en sortir, que veut dire vivre, et s’il n’existe rien au-delà.

Et ne trouvant cet innommable aux mille noms qu’il a toujours cherché, il a recours à la foi en un Sauveur ou en un idéal à la foi qui invariablement suscite la violence.

En cette perpétuelle bataille que l’on appelle vivre, on cherche à établir un code de comportement à la société, communiste ou prétendument libre, dans laquelle on a été élevé.

Nous obéissons à certaines règles de conduite, en tant qu’elles sont parties intégrantes de notre tradition, hindoue, islamique, chrétienne, ou autre. Nous avons recours à autrui pour distinguer la bonne et la mauvaise façon d’agir, la bonne et la mauvaise façon de penser. En nous y conformant, notre action et notre pensée deviennent mécaniques, nos réactions deviennent automatiques. Nous pouvons facilement le constater en nous-mêmes.

Depuis des siècles, nous nous faisons alimenter par nos maîtres, par nos autorités, par nos livres, par nos saints, leur demandant de nous révéler tout ce qui existe au-delà des collines, au-delà des montagnes, au-delà de la Terre. Si leurs récits nous satisfont, c’est que nous vivons de mots et que notre vie est creuse et vide : une vie, pour ainsi dire de « seconde main ». Nous avons vécu de ce que l’on nous a dit, soit à cause de nos tendances, de nos inclinations, soit parce que les circonstances et le milieu nous y ont contraints. Ainsi, nous sommes la résultante de toutes sortes d’influences et il n’y a rien de neuf en nous, rien que nous ayons découvert par nous-mêmes, rien d’originel, de non corrompu, de clair.

L’histoire des théologies flous montre que les chefs religieux ont toujours affirmé qu’au moyen de rituels, que par des répétitions de prières ou de mantras, que par l’imitation de certains comportements, par le refoulement des désirs, par des disciplines mentales et la sublimation des passions, que par un frein, imposé aux appétits, sexuels et autres, on parvient, après s’être suffisamment torturé l’esprit et le corps, à trouver un quelque-chose qui transcende cette petite vie.

Voilà ce que des millions de personnes soi-disant religieuses ont fait au cours des âges; soit en s’isolant en s’en allant dans un désert, sur une montagne ou dans une caverne; soit en errant de village en village avec un bol de mendiant; ou bien en se réunissant en groupes, dans des monastères, en vue de contraindre leur esprit à se conformer à des modèles établis.

Mais un esprit torturé, dont les ressorts sont brisés, qui n’aspire plus qu’à échapper aux difficultés de la vie, qui a rejeté le monde extérieur parce que des disciplines et des conformismes l’ont abêti - un tel esprit, chercherait-il longtemps, ne trouverait jamais que l’image de sa propre déformation.

Donc il me semble que la recherche en vue de découvrir s’il existe ou non un quelque-chose au-delà de cette existence angoissée, coupable, apeurée, compétitive, doit s’orienter dans une direction complètement différente.

L’approche traditionnelle consiste à aller de la périphérie vers l’intérieur, avec l’idée que le temps, les dévotions, le renoncement permettront d’atteindre graduellement cette fleur intérieure, cette beauté intérieure, cet amour. En bref, on fait tout ce qu’il faut pour se rendre étroit et mesquin, pour se dégrader : « Eplucher petit à petit; prenez du temps ; demain ou la prochaine vie feront l’affaire... » Et lorsque, enfin, on arrive au centre, on s’aperçoit qu’il n’y a rien, parce qu’on s‘est rendu amorphe, incapable, insensible.

Ayant observé ce processus, on est amené à se demander s’il n’existe pas une approche inverse : ne serais t-il pas possible d’exploser à partir du centre ?

Le monde entier accepte et pratique l’approche traditionnelle. La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est cette recherche d’une réalité promise par autrui. Nous obéissons mécaniquement à celui qui nous promet une vie spirituelle confortable. Alors que la plupart d’entres nous sont opposés à la tyrannie politique et à la dictature, c’est extraordinaire à quel point nous acceptons l’autorité et la tyrannie de ceux qui déforment nos esprits et qui faussent notre mode de vie. Donc, si nous rejetons complètement - non en pensées, mais en fait - toutes les prétendues autorités spirituelles, toutes les cérémonies religieuses, les rituels et les dogmes, cela veut dire que nous nous seuls et que nous sommes déjà en conflit avec la société : en somme, nous cessons d’être ce que l’on appelle des êtres humains « respectables ». Cet être humain «respectable » ne peut en aucune façon parvenir ne serait-ce qu’à proximité de ce quelque-chose, de cette infinie, de cette immesurable réalité.

Supposons maintenant que vous ayez rejeté, comme étant totalement erronée, la voie traditionnelle; vous ne faites que réagir contre elle, vous engendrez en vous-mêmes un nouveau prototype qui sera un nouveau piège. Si vous vous dites, intellectuellement, que ce rejet est une excellente idée, et n’agissez pas en conséquence, vous n’irez pas plus loin. Si, cependant, vous reniez cette approche parce que vous comprenez qu’elle manque de maturité, et qu’elle est stupide, si vous la rejetez en y appliquant une intelligence profonde parce que vous êtes libres et que vous n’avez pas peur, vous serez la cause d’un grand trouble en vous- mêmes et autour de vous, mais vous aurez échappé au piège de la respectabilité. Alors vous vous apercevrez que vous ne serez plus dans un état de recherche. Et c’est bien cela qu’il faut commencer par apprendre ne plus chercher. En somme, chercher la vérité c’est passer de la vitrine d’une boutique à une autre.

La question de savoir s’il existe un Dieu, une Vérité, une Réalité (selon le nom qu’on veut lui donner) ne peut jamais trouver de réponse dans des livres, chez des prêtres, des philosophes, ou des Sauveurs. Personne et rien ne peut répondre à cette question si ce n’est vous-mêmes, et c’est pour cela que la connaissance de soi est nécessaire. Manquer de maturité c’est manquer de se connaître. Se connaître est le début de la sagesse.
Et qu’êtes-vous ?... Ce vous individuel, qu’est-il? Je pense qu’il y a une différence entre l’être humain et l’individu. L’individu est une entité locale, qui vit dans un pays, qui appartient à telle culture, à telle société, à telle religion. L’être humain n’est pas une entité locale. Il est partout. Si l’individu n’agit que dans un coin du vaste champ de la vie, son action n’aura aucun lien avec la totalité. Veuillez donc tenir présent à l’esprit que ce dont nous parlons est la totalité, non la partie, car dans le plus grand est le plus petit, mais dans le plus petit, le plus grand n’est pas. L’individu est cette petite entité, conditionnée, misérable et frustrée, que satisfont ses petits dieux et ses petites traditions, tandis que l’être humain se sent responsable du bien-être total, de la totale misère et de la totale confusion du monde.

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Dernière édition par le Jeu 17 Mai 2007 - 17:20, édité 4 fois
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Corinne
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MessageSujet: Re: Se libérer du connu - Krishnamurti   Jeu 17 Mai 2007 - 17:10

Suite

Nous, les êtres humains, sommes ce que nous avons été pendant des millions d’années, colossalement avides, envieux, agressifs, jaloux, angoissés et désespérés, avec d’occasionnels éclairs de joie et d’amour. Nous sommes une étrange mixture de haine, de peur et de gentillesse; nous sommes à la fois violents et en paix. Il y a eu un progrès extérieur depuis le char à boeufs jusqu’à l’avion à réaction, mais psychologiquement l’individu n’a pas du tout changé et c’est l’individu qui, dans le monde entier, a créé les structures des sociétés. Les structures sociales extérieures sont les résultantes des structures intérieures, psychologiques, qui constituent nos relations humaines, car l’individu est le résultat de l’expérience totale de l’homme, de sa connaissance et de son comportement. Chacun de nous est l’entrepôt de tout le passé. L’individu est l’humain qui est toute l’humanité. L’histoire entière de l’homme est écrite en nous-mêmes.

Veuillez, je vous prie, observer ce qui agit aussi bien qu’en vous-mêmes qu’en dehors de vous, dans la société, dans la compétition où vous vivez : une volonté de puissance, le désir d’acquérir une situation sociale, du prestige, un nom, la recherche du succès... observez les réussites dont vous êtes si fiers, le champ global que vous appelez vivre; observez les conflits dans tous les domaines des relations, et la haine, la brutalité, les antagonismes, les guerres sans fin qu’ils provoquent. Ce champ, cette vie, est tout ce que nous connaissons; et comme nous sommes incapables de comprendre l’énorme bataille de l’existence, nous en avons peur et essayons de nous en évader par toutes sortes d’artifices. Et nous avons peur, aussi, de l’inconnu, peur de la mort, peur de ce qui se cache au-delà de demain.

Ainsi, nous avons peur du connu et peur de l’inconnu. Telle est notre vie quotidienne, en laquelle il n’y a pas d’espoir et où toutes les philosophies, toutes les théologies ne sont que des évasions hors de la réalité de ce qui « est » en tout état de fait.

Les structures de tous les changements extérieurs qu’amènent des guerres, des révolutions, des réformes, des lois ou des idéologies, ont été incapables de modifier la nature profonde de l’homme, donc des sociétés. En tant qu’individus humains vivant dans la monstrueuse laideur de ce monde, demandons-nous donc s’il est possible de mettre fin à des sociétés basées sur la compétition, la brutalité et la peur. Posons-nous cette question, non pas comme une spéculation ou un espoir, mais de telle sorte qu’elle puisse rénover nos esprits, les rendre frais et innocents, et faire naître un monde totalement neuf. Cela ne peut se produire, je pense, que si chacun de nous reconnaît le fait central que nous, individus, en tant qu’êtres humains, en quel que partie du monde que nous vivions, ou à quelque culture que nous appartenions, sommes totalement responsables de l’état général du monde.

Nous sommes, chacun de nous, responsables de chaque guerre, à cause de l’agressivité de notre propre vie, à cause de notre nationalisme, de notre égoïsme, de nos dieux, de nos préjugés, de nos idéaux, qui nous divisent. Ce n’est qu’en nous rendant compte - non pas intellectuellement mais d’une façon aussi réelle et actuelle qu’éprouver la faim ou la douleur - que vous et moi sommes responsables de la misère dans le monde entier parce que nous y avons contribué dans nos vies quotidienne et que nous faisons partie de cette monstrueuse société, de ses guerres, ses divisions, sa laideur, sa brutalité, et son avidité - ce n’est qu’alors que nous agirons.

Mais que peut faire un être humain ? Que pouvons- nous faire, vous et moi, pour créer une société complètement différente? Nous nous posons là une question très sérieuse : est-il possible de faire quoi que ce soit ? Que peut-on faire ?... Quelqu’un pourrait-il nous le dire ? De soi-disant guides spirituels - qui sont censés comprendre ces choses mieux que nous - nous l’ont dit en essayant de nous déformer, de nous mouler selon certains modèles, et cela ne nous a pas menés loin; des savants nous l’ont dit en termes érudits et cela ne nous a pas conduits plus loin. On nous a affirmé que tous les sentiers mènent à la vérité : l’un a son sentier en tant qu’Hindou, l’autre a le sien en tant que Chrétien, un autre encore est Musulman, et ils se rencontrent tous à la même porte - ce qui est, si vous y pensez, si évidemment absurde.

La Vérité n’a pas de sentier, et c’est cela sa beauté : elle est vivante. Une chose morte peut avoir un sentier menant à elle, car elle est statique. Mais lorsque vous voyez que la vérité est vivante, mouvante, qu’elle n’a pas de lieu où se reposer, qu’aucun temple, aucune mosquée ou église, qu’aucune religion, qu’aucun maître ou philosophe, bref que rien ne peut vous y conduire - alors vous verrez aussi que cette chose vivante est ce que vous êtes en toute réalité : elle est votre colère, votre brutalité, votre violence, votre désespoir. Elle est l’agonie et la douleur que vous vivez.
La vérité est en la compréhension de tout cela, vous ne pouvez le comprendre qu’en sachant le voir dans votre vie. Il est impossible de le voir à travers une idéologie, à travers un écran de mots, à travers l’espoir et la peur.

Nous voyons donc que nous ne pouvons dépendre de personne. Il n’existe pas de guide, pas d’instructeur, pas d’autorité. Il n’y a que nous et nos rapports avec les autres et avec le monde. Il n’y a pas autre chose. Lorsque l’on s’en rend compte, on peut tomber dans un désespoir qui engendre du cynisme et de l’amertume, ou, nous trouvant en présence du fait que nous et nul autre sommes responsables de ce monde et de nous-mêmes, responsables de nos pensées, de nos sentiments, et de nos actes, nous cessons de nous prendre en pitié. En général, nous prospérons en blâmant les autres, ce qui est une façon de se prendre en pitié.

Pouvons-nous donc, vous et moi, provoquer en nous-mêmes - sans aucune influence extérieure, sans nous laisser persuader, sans crainte de punition - pouvons-nous provoquer dans l’essence même de notre être une révolution totale, une mutation psychologique, telles que la brutalité, la violence, l’esprit de compétition, l’angoisse, la peur, l’avidité, et toutes les manifestations de notre nature qui ont construit cette société pourrie où nous vivons quotidiennement, cessent d’exister ?

Il est important de comprendre au départ que je ne cherche pas à formuler quelque philosophie, quelque concept, idée ou structure théologique. Il m’apparaît que toutes les idéologies sont totalement idiotes. Ce qui importe, ce n’est pas d’adopter une philosophie de la vie, mais d’observer ce qui a lieu, en toute vérité, dans notre vie quotidienne, intérieurement et extérieurement. Si vous l’observez de très près et si vous l’examinez, vous verrez que tout ce qui se passe est basé sur des conceptions intellectuelles ; et pourtant, l’intellect n’est pas toute la sphère de l’existence ce n’en est qu’un fragment, et un fragment, quelque habile que soit son assemblage, quelque antique que soit sa tradition, n’est encore qu’une petite partie de l’existence, tandis que ce qui nous importe c’est la totalité de la vie. Lorsque nous voyons ce qui a lieu dans le monde, nous commençons à comprendre que ce n’est pas l’effet de deux processus, l’un extérieur, l’autre intérieur, puisqu’il existe qu’un seul processus unitaire, un seul mouvement intérieur s’expriment en tant qu’intérieur et l’extérieur réagissant à son tour sur l’intérieur.
Etre capable de regarder tout cela, me semble être la seule chose qu nous ayons besoin, car lorsque nous regardez, l’ensemble devient très clair et regarder n’exige ni philosophie ni maître. Il n’est guère utile qu’on vous dise « comment» regarder : regardez, et voilà tout.
Pouvez-vous, alors, voyant le tableau général de ce qui est, le voyant, non pas intellectuellement, mais en fait, pouvez-vous aisément, spontanément, vous transformer ? Là est le point essentiel : est-il possible de provoquer une révolution totale dans la psyché ?

Je me demande comment vous réagissez à une telle question. Peut-être pensez-vous que vous ne voulez pas changer. C’est le cas de beaucoup de personnes, surtout de celles qui se sentent en sécurité socialement et économiquement; ou de celles qui sont fermement établies dans leurs croyances dogmatiques et qui, volontiers, s’acceptent telles qu’elles sont et acceptent le monde tel qu’il est (ou tel qu’il serait si on le modifiait quelque peu). Ce n’est pas à ces personnes-là que nous nous adressons. Vous pourriez aussi penser, d’une façon plus subtile, que l’entreprise est trop difficile, qu’elle n’est pas pour vous. Dans ce cas vous vous seriez bloqués, vous auriez cessé de vous interroger et il serait inutile de prolonger notre entretien. Vous pourriez encore me dire : « Je vois la nécessité d’un changement fondamental en moi, mais comment dois- je m’y prendre? Veuillez me montrer la voie, aidez- moi à atteindre ce but. » Dans ce cas, ce ne serait pas le changement qui vous intéresserait, ce ne serait pas une révolution totale : vous ne seriez qu’en quête d’une méthode, d’un système en vue de provoquer ce changement.

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MessageSujet: Re: Se libérer du connu - Krishnamurti   Jeu 17 Mai 2007 - 17:12

Fin

Si j’étais assez sot pour vous donner un système et si vous étiez assez sots pour l’adopter, vous ne feriez que copier, imiter, vous conformer, accepter, et en fin de compte ériger en vous-mêmes une autorité, laquelle provoquerait un conflit entre elle et vous. Vous éprouveriez la nécessité de faire ce que l’on vous a dit, tout en vous sentant incapables de le faire. Vos inclinations, vos tendances, vos besoins seraient en conflit avec le système que vous croiriez devoir suivre et vous seriez dans un état de contradiction. Vous mèneriez ainsi une double vie entre l’idéologie du système et la réalité de votre existence quotidienne. En essayant de vous conformer à l’idéologie, vous vous oblitéreriez vous-mêmes tandis que ce qu’il y a de vrai n’est pas l’idéologie : la vérité est ce que vous êtes. Si l’on essaie de s’étudier selon autrui, on demeure indéfiniment une personne «de seconde main ».

L’homme qui dit: « Je veux changer, dites-moi comment m’y prendre » peut paraître très profondément sincère et sérieux, mais il ne l’est pas. Il est à la recherche d’une autorité, dans l’espoir qu’elle mettra de l’ordre dans sa vie. Mais son ordre intérieur pourrait-il jamais être instauré par une autorité ? Un ordre imposé du dehors provoque presque toujours un désordre.

Tout cela peut être vu intellectuellement. Mais pouvez-vous le vivre en vérité, de telle sorte que votre esprit cesse de projeter toute autorité, celle d’un livre, d’un maître, d’un conjoint, d’un parent, d’un ami, de la société ? Parce que nous avons toujours fonctionné dans le cadre de formules, celles-ci sont devenues notre idéal et notre autorité. Mais aussitôt que nous voyons que la question « comment puis-je changer?» engendre une nouvelle autorité, nous en avons fini avec l’autorité, une fois pour toutes.

Reprenons clairement la question : je vois la nécessité de changer complètement, depuis les racines de mon être ; je ne peux pas être tributaire d’une tradition parce que les traditions ont engendré cette colossale paresse que sont l’acceptation et l’obéissance; je ne peux absolument compter sur personne ni sur rien, sur aucun maître, aucun Dieu, aucune croyance, aucun système, aucune pression ou influence extérieure ... Que se produit-il alors ?

Et d’abord, peut-on rejeter toute autorité ? Si on le peut c’est qu’on a plus peur. Et alors qu’arrive t-il ? Lorsqu’on rejette une erreur dont on a porté le fardeau pendant des générations, qu’est-ce qui a lieu ?... N’arrive t-il pas que l’on est animé d’un surcroît d’énergie ? On se sent davantage capable d’agir, on a plus d’élan, plus d’intensité, plus de vitalité. Si ce n’est pas ce que vous ressentez, c’est que vous n’avez pas rejeté le fardeau, c’est que vous ne vous êtes pas débarrassé du poids mort de l’autorité.

Mais lorsqu’on s’en est débarrassé et que l’on possède cette énergie en laquelle ne subsiste aucune peur, aucune crainte de se tromper, de ne pas savoir choisir entre le bien et le mal, cette énergie n’est-elle pas, alors, la mutation ? Une immense énergie nous est nécessaire, et nous la dissipons dans la peur; mais lorsque cette vitalité survient du fait que nous avons rejeté la peur sous toutes ses formes, c’est elle-même, cette énergie, qui provoque en nous une révolution radicale: nous n’avons pas à intervenir du tout.

Ainsi l’on reste seul avec soi-même et cet état est effectivement celui de l’homme qui considère ces questions avec beaucoup de sérieux : ne comptant sur l’aide de personne ni de rien, il est libre de s’en aller vers des découvertes. La liberté est inséparable de l’énergie et celle-ci, étant libre, ne peut jamais rien faire qui soit erroné. La liberté diffère totalement de la révolte. La question de « faire bien» ou de « faire mal » ne se pose pas dans la liberté. Étant libre, on agit à partir de ce centre, on est donc sans peur. Un esprit dégagé de toute peur est capable de beaucoup aimer, et l’amour peut agir à son gré.

Ce que nous entreprendrons maintenant, c’est la connaissance de nous-mêmes, non pas cette connaissance selon moi ou selon tel analyste ou tel philosophe, car chercher à se connaître selon quelqu’un c’est recueillir des informations en ce qui le concerne, lui, et pas nous. Or ce que nous voulons apprendre, c’est ce que nous sommes nous-mêmes.

Ayant bien compris que nous ne pouvons compter sur aucune autorité pour provoquer une révolution totale dans la structure de notre psyché, nous éprouvons une difficulté infiniment plus grande à rejeter notre propre autorité intérieure : celle qui résulte de nos petites expériences particulières, ainsi que de l’accumulation de nos opinions, de nos connaissances, de nos idées et idéaux. Hier, une expérience vécue nous a appris quelque chose et ce qu’elle nous a appris devient une nouvelle autorité. Cette autorité née de la veille est aussi destructrice que celle que consacrent dix siècles d’existence. Pour nous comprendre, nous n’avons besoin ni d’une autorité millénaire ni de celle d’hier, car nous sommes des être vivants, toujours en mouvement. Si l’on s’examine du point de vue qu’importe l’autorité d’un passé mort, on manque de comprendre ce mouvement vivant, ainsi que la beauté et la qualité de ce mouvement.

Etre libre de toute autorité, de la nôtre et de celle d’autrui, c’est mourir à tout ce qui est de la veille, de sorte qu’on a l’esprit toujours frais, toujours jeune, innocent, plein de vigueur et de passion. Ce n’est que dans cet état que l’on apprend et que l’on observe. Et, à cet effet, il faut être conscient avec acuité de ce qui a lieu en nous-mêmes, sans vouloir le rectifier ni lui dire qu’il devrait être ou ne pas être, car dès que nous intervenons, nous établissons une autre autorité : un censeur.

Nous allons donc, maintenant, nous explorer nous-mêmes, tous ensemble. Ne considérez pas qu’ici s’exprime une personne qui explique tandis que vous lisez, étant d’accord ou non au fur et à mesure que vous suivez des mots sur la page. Ce que nous allons entreprendre c’est une expédition ensemble, un voyage de découverte dans les recoins les plus secrets de notre conscience. Et pour une telle aventure, on doit partir léger, on ne peut pas s’encombrer d’opinions, de préjugés, de conclusions : de tout ce vieux mobilier que nous avons collectionné pendant deux mille ans et plus. Oubliez tout ce que vous savez à votre propre sujet; oubliez tout ce que vous avez pensé de vous-mêmes; nous allons partir comme si nous ne savions rien.

Hier il a plu lourdement et maintenant les cieux commencent à s’éclaircir : nous voici au seuil d’une journée toute neuve. Abordons-la comme si elle était la seule journée. Mettons-nous en route tous ensemble en laissant derrière nous les souvenirs des jours passés et commençons à nous comprendre, pour la première fois.

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MessageSujet: Re: Se libérer du connu - Krishnamurti   Jeu 17 Mai 2007 - 17:51

Jiddue Krishnamurti a été l'un des plus grand Maître (bien qu'il ait toujours repoussé ce terme) que la Terre ait porté. Il a été une étincelle dans ma vie.

L'autre livre absolument indispensable de lui est : "LA PREMIERE ET DERNIERE LIBERTE".

Bonne lecture.


Edit : j'ai changé le nom qui était faux : c'est bien PREMIERE ET DERNIERE LIBERTE


Dernière édition par le Dim 20 Mai 2007 - 9:40, édité 1 fois
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Annick
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MessageSujet: Re: Se libérer du connu - Krishnamurti   Sam 19 Mai 2007 - 18:15

J'ai enfin trouvé un peu de temps pour lire ce long message, ce n'est pas évident sans une totale tranquilité de suivre ce qu'on lit.

C'est vrai que cela met des mots sur bien des idées que j'avais auparavant, et me donne l'envie de continuer la lecture... et pourquoi pas en suivant, le titre que tu donnes Véronique...

Merci Corinne pour ce partage,

bisous,


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Se libérer du connu - Krishnamurti

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